31.3.26

And how is the weather ?

Familles dysfonctionnelles, vous êtes vraiment des poèmes.

Au départ, ta journée, elle est normale. Comme tout le monde, tu vas te bouffer deux ou trois moucherons dans la gueule ou sur le pare-brise de la vie. Mon chat va pas bien, donc on va dire que ça a la taille d'un plus gros volatile. Genre un gros pigeon qui s'écrase la tronche pendant que je suis au volant.

Je reste toute la journée à veiller mon chat, mi-figue mi-raisin, en comptant les euros de mon compte épargne dans ma tête au cas où faudrait l'emmener chez le véto et que je devrai me mettre à bouffer que du riz ou des pâtes pour payer ledit véto.

C'est pas génial.

Le cœur un peu sensible, la tronche un peu dans le cul et l'esprit un peu inquiet ; réflexe abruti : dire qu'on s'inquiète pour son chat et qu'on envisage le véto sous peu si le coco n'arrive plus à filer droit.

Bah qu'on est con !

Du coup, tu te retrouves avec 2 situations de merde en 1 (un peu comme les shampoings Head & Shoulders) (ou double péné sans lube).

Alors qu'en vrai, la solution, c'est de parler comme un connard sans émotion : "Situation A me mène à prendre décision X. Toi vouloir m'aider, oui ou merde ? Biffer mention inutile. Cordialement."

Et pouf, voilà.

Parler des sentiments serait comme demander à Trump d'être tout l'inverse de ce qu'il est. Le mec, il comprendrait pas, même si tu faisais une belle réunion dans un grand bureau avec du café et des madeleines.

Ça sert à rien.

Enfin, je regrette quand même beaucoup cette belle époque des téléphones avec la bonne vieille ligne de terre et le cadran qui tourne. C'était un objet versatile qui pouvait être claqué très fort sur lui-même dans la colère ou claqué dans la tronche de ton ennemi si, d'aventure, t'étais entouré de cons.

Ou que tu serais l'idiot de l'histoire à parler bien à des gens cons.

CQFD.

30.3.26

Dear Charlie

Je sais que c'est désormais la fête au quinoa, les électrolytes par litres et le yoga 12 fois par mois. 

Comment t'as fait ?

Appelle-moi !

CALL ME! (oui je veux être sûre qu'il m'appelle.) 

Bisous 💓 📞 

We talk the same

Charlie Sheen

 Y a pas à tortiller. Ecrire de la merde sur mon blog, ça me détend quand même vachement bien. Et j'avais raison, ça me fait vraiment voir que je parle totalement en roue libre comme Charlie Sheen au top de sa forme en 2011. (et sous xanax en plus ! imagine un peu le bordel quand je suis bourrée....

OUI

#tigerblood #winning #charliesheenaccentbelge

Raindrops keep falling on my head


Buggée.

Je peux dire de source sûre que j'ai genre la grippe. Ce truc de con quand les saisons savent pas trop faire leur coming out. Ni tout à fait ce qu'elles étaient avant, ni tout à fait ce qu'elles sont supposées être. Vivant en Belgique (heyyyy, tu vas pouvoir désormais lire tout mon blog avec l'accent belge, dis ! C'est pas super ?! Comme ça, même quand c'est nul, tu rigoles :D ... cela dit, cher(e) français(e), les belges sont un peu ce que le Canada est aux US. On est des gentils ! Je digresse, je reviens à mon blabla sauce frite-météo bâtarde comme une fricadelle). Voilà donc cette météo à deux balles.

Outre que je me sente patraque mmmh... je sens bien que j'ai du mal à faire un upgrade en atteignant le prochain level qui m'attend, à savoir : me reconnecter aux gens autour de moi / rentrer à nouveau dans le monde. Je suis un peu au stade du jeu pile avant celui du putain de château dans Super Mario (les psys devraient nous parler comme ça plus souvent qu'avec leur jargon pas sexy, sauf pour leur ego ; on perdrait moins de temps, mais il est vrai que ça serait moins rentable pour eux, mmh.). Donc vouais, je suis censée bientôt me foutre dans ce château hanté à la noix avec des boules de feu, des fantômes relous pour sauver les fesses de Peach (en gros, les miennes).

N'ai pas envie.

Enfin, si, j'ai envie. Maiiiiiis... pffffputaindemerdecequeçamefaitchier. Parce qu'en vrai, j'aime bien me balader chez moi en foutant rien, me faire à manger, parvenir à réguler mes humeurs avec mon blog + 1 xanax + regarder le plafond, quoi. Et tout ça a vraiment été cool et ça m'a bien appris (on vous ment, car non, faut pas toujours faire des choses dingues pour s'exorciser : tu prends tes pyjamas, ton malheur et tu penses à tout ce qui proutait dans ta vie, et tu seras tout à fait au courant de ce qui déconnait jusqu'alors et, avec un peu de temps, t'apprendras à te préparer ton propre petit Febreze de l'existence. Artisanal certes, donc pas parfait, mais bien calibré pour toi). Pour autant, je vois bien vers quoi je dois me diriger et je freine un peu des quatre fers, comme on dit.

Pour résumer, ça me demanderait des choses un peu cons et des choses un peu concrètes.

  • Me racheter des fringues (for real !!!!!!) : Là, c'est même plus la mode grunge, même Kurt Cobain avait un meilleur turn over dans ses fringues que moi. Je fais beaucoup trop puriste. Évidemment, entre mes bientôt 40 ans en juillet et cette météo de merde + endométriose qui me donne une allure endo belly (je te laisse checker dieu google), soit Kate Moss qui a appris à aimer le macdo (ou les fricadelles), baaaaah, c'est un peu chiant.
  • Me racheter du maquillage : 40 ans n'est pas 20 ans et je chiale. Oui, tu verras, quand ton corps te présentera bien les faits de ta mortalité en petites touches, tu verras ma coquinette, comment c'est chiant d'acheter du make up. Je suis pas loin d'acheter cette putain de mousse de Maybelline comme quand j'avais 14 ans... si ça marche sur une peau de merde d'ado, ça devrait sans doute marcher sur une peau de merde schyzo de 40 ans. Mais mon hypothèse est peut-être foutraque.
  • Mettre à jour ce putain de CV à la con pour chercher du travail, pour avoir de l'argent en faisant semblant que je suis le maillon fort : en gros, être à mon meilleur dans mon talent d'actrice. Method acting de l'extrême, la Daniel Day-Lewis du temple LinkedIn. Histoire que ça fonctionne bien, je pense que je vais tenter de m'imaginer en Gwyneth Paltrow dans sa vibe : yeaaaah vive le matcha latte, la bouffe bio, les grands sourires et cette assurance pour vendre des bougies à 75 $. Et beaucoup moins tabler sur une attitude proche de celle de la famille Shelby (j'ai aussi vu le film, je suis pas contente).

Et dans ma tête, je peux pas torcher ce CV si j'ai pas les fringues avant. Method acting, je te dis ! M'enfin, je dois clairement pas être la seule à devoir négocier entre ma personnalité profonde et ce monde, euh, tu vois bien de quoi je parle. (sans oublier les discussions près de la photocopieuse avec Christophe : "Nous sommes partis à l'île de Ré avec Marie-Christine. Les enfants ont fait de la voile et ils ont adoré. Marie a été enchantée de se remettre au vélo. La météo était délicieuse.")

Bref, t'as compris, le level château Super Mario ne me vend pas vraiment du rêve. Bon, de toute façon, je sais déjà que je vais me faire super engueuler par l'équivalent du Pôle Emploi version belge + accent belge. Genre est-ce que j'ai pas honte d'avoir profité du système comme une grosse râdasse ?! Vous vous prenez pour qui ?!

Et si avant j'étais en PLS devant ces braves gens m'expliquant que j'étais parfois une pauvre merde qui essaye mais qui galère et que je bouffais ma honte comme un bon plat Michelin écrasé dans ma gueule, eh bien non, l'ami, je n'ai plus honte de me foutre de la gueule d'un putain de système qui n'a, de toute façon, aucune cohérence, si ce n'est de protéger le tout en haut tout en se foutant de la gueule de ceux qui triment bien comme il faut chaque jour de leur vie pour finir finalement au même stade avec leur retraite qui vaudra pas plus que la mienne. SOFUCKITBRO ! Nope, je vais pas trop porter ta merdouille honteuse, merci bien. Et je collerai des certifs si j'ai le malheur d'avaler un pépin de raisin de travers ou si Chantal au service financier me casse trop les couilles. La plus grosse connerie de ma part a été de croire qu'en étant à jour, pro active, cadrée m'amènerait une carrière, quand ça n'amène juste qu'un système crasse ayant la même psychologie qu'un mogul qui monte un boys band dont il se fiche éperdument d'un point de vue artistique, éthique, créatif, mais qui vend des disques à la pelle. Donc, voilà, finalement, à la réflexion, je vais continuer de seulement penser à ma gueule comme je le fais depuis 11 mois.

Je sais, je suis pas loin d'écrire NTM sur mon agenda et de dessiner des bites dans les marges.

Bref, une note pour dire que je bugge bien comme t'as pu le comprendre durant toute cette note très distinguée.

(suis peut-être pas encore super prête, tu as raison. Vais peut-être devoir envisager de faire des pilates et boire des tisanes avec 17 sachets de camomille dans mon mug. Ou carrément prendre un putain de GoPass pour Maastricht et fumer un joint sur le Mississipi comme quand j'avais 19 ans, c'est pas faux. M'enfin tu vois quoi, ça repart déjà en couille.)

<3

25.3.26

All woman

Je pense que je n'ai jamais autant ramassé dans ma tronche avec mes règles que cette fois-ci. WTF. ça a commencé par une partie de cache-cache absolument ridicule durant quelques jours. Seulement voilà, avoir des règles qui font les timides au début ne veut pas dire que les hormones le sont aussi. Mes hormones, elles, étaient en super confiance, au top de leur forme et de leur puissance dans une ambiance trash metal. Ensuite, comme je l'ai écrit, mes règles ont fini par retrouver leur putain de chemin et ça a été l'ouverture des vannes as usual

Pendant que ma vie avait le même taux d' hémoglobine qu'une certaine scène dans Shining, l'inflammation a décidé de vraiment super bien s'installer sur le visage pour bien me refaire le portrait. Au début -et parce que je foutais du baume Lipikar pour le corps sur mon visage aride-, je me disais que ça commençait à délirer parce que bah je foutais trop de crème pour le corps sur mon visage fragile. Que nenni ! C'est pas la faute à La Roche Posay, pas la faute à la gamme Lipikar. No ! La faute à cette pute d'endométriose qui décide d'être raccord niveau ambiance à tous les étage du corps. La fête à la cave ? Contre fête au visage ! C'est même pas de l'acné, ce sont de très grandes plaques rouges qui chauffent comme un grille pain. 

Question physique : ugh moshpit intense en interne. A l'extérieur : le massacre. Même Rocky tenait mieux sur ses guiboles à la fin du film. 

J'arrive à la fin mais j'ai toujours l'impression d'être malade comme un chien. Autant dire que j'ai quasiment aucune inspiration pour écrire (sauf sur ce sujet satanique. Mais c'est bien, ça me fera une sorte de period tracker dans l'enfer de Dante! ahah).

Je vous tiens au courant si ma tête se met à faire des tours de 360° ou si je vomis en vert comme un geyser. 

Bon, je vais continuer de regarder Mon Petit Renne. 

À plus, Dimmy. 

21.3.26

You who were born with the sun above your shoulders


Écoutez les gars, je suis désolée de vous casser l'ambiance dans votre délire Carolyn Bessette, mais je ne suis pas sensible aux manteaux camel, aux cheveux blonds tirés en arrière et à la façade froide comme la banquise, avec une aura constipée.

Je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais. Carolyn, c’était Gwyneth version arty. Elle serait sortie avec Sheldon du service financier de Calvin Klein, qu’on en aurait rien eu à foutre. Ça aurait juste été une fille bien habillée qui sort avec Sheldon, quoi !

Moi, ce que j’aimais, gamine, c’était le beau brun sorti d’une dynastie riche, frapadingue et totalement borderline dans le sens strict du terme, qui se déplaçait en costard ou en streetwear de façon intrépide dans tout New York, en roller ou en VTT plutôt qu’en limousine. Le gars avait le background, le style, la beauté et l’envie de mener sa barque lui-même, à sa façon, entre une cuillère en argent maudite et un hot-dog bouffé à la va-vite sur la 5e Avenue. C’était son côté urbain, vivant, solaire et tout-terrain (plus ou moins, hein) qui donnait du corps, du réel et de la densité à n’importe quelle blondeur chic éthérée. Gwyneth aurait très bien pu être castée à la place, ça aurait fait pareil.

Le mec parlait plus à mon bordel que Carolyn. Je ne suis pas loin de me remettre à chercher du boulot juste pour m’acheter un sac à dos Samsonite et filer au taff avec un skateboard. Ce qui, de fait, me mènerait encore plus loin que d’essayer de me la jouer Bessette en 12 étapes devant un fichu miroir à la con.

Enfin, l’ironie totale étant que Gwyneth a réussi la masterclass suprême : être aussi chic que Carolyn et avoir fait de Goop une entreprise qui fonctionne super bien dans ce que je soupçonne être plus une arnaque faite aux riches qu’aux pauvres (sacrée Gwyneth). En somme, elle a fait ce qu’ils auraient voulu faire chacun en leur temps. Gloire à toi, Gwyneth, avec tes bougies qui sentent ton vagin pour 75 $, et vive les rollers !

18.3.26

I'm not a birthday present


Dormi comme une merde sans le Xanax. Une vraie merde. Raison même de mon escapade à la pharmacie ce matin. Me suis levée à 9h avec l'impression d'avoir passé ma nuit sur ou sous un tracteur. Puisque ça fait quand même 10 mois que j'ai zoné chez moi dans mon dédale de remise à zéro des comptes, ou presque, je n'ai pas franchement sorti ma gueule dehors pour des balades régulières qui tonifient le corps et l'esprit.

Mais moi étant moi, j'ai entamé la côte qui me mène vers le Graal comme si j'étais une athlète olympique. Je suis quelqu'un qui marche naturellement vite, à grandes enjambées, avec une facilité déconcertante. Me suis dit que ça ferait pareil malgré les 10 mois, et force est de constater que je savais toujours aligner mon pas pressé. Sauf qu'au bout de quelques mètres, PUTAIN, la douleur. Cette connasse de douleur dans le bas de mon dos qui criait : "ouiiii paye ton endométriose sévère, pétasse". Les poumons qui hurlaient : "ouaaiiiis et ta vape aussi, bouffonne", ainsi que : "paye ta version nihiliste des 10 derniers mois, grosse nouille". Résultat, je suis arrivée totalement essoufflée, la tête qui tourne et pas loin de tomber dans les pommes. Sans compter sur la pharmacienne qui me saturait de questions telles que : "vous faites de l'asthme ?", "vous ne faites pas de sport ?", "est-ce que ça vous arrive souvent ?", tandis que la saga Star Wars défilait devant mes yeux et que mes poumons semblaient en fin de vie. J'avais l'impression d'avoir 85 ans ou d'être une de ces connasses de L.A. qui contemplent l'idée de s'offrir un caisson hyperbare.

Au bout de quelques minutes, je suis parvenue à balbutier ce que j'étais venue chercher. Je suis rentrée en me disant que j'étais pas en état pour me trimballer avec ma vape dans mon sac au cas où l'envie de nicotine me prendrait.

Rentrée et avalé un Xanax dans la minute. Retour à une presque plénitude. À part ça, je sais pas ce que foutent mes règles si ce n'est une grève. Meh. Il ne se passe quasiment rien et, bien que cette étape me semble un peu précoce mais pas tout à fait extraordinaire d'un point de vue médical, disons que je suis assez contente de me contenter de tampons relativement petits... Ça me change de ce que j'ai connu toute ma vie. Je suis pas loin d'allumer un cierge pour que je sois vraiment ménopausée dans peu de temps.

Cela dit, il ne faut jamais dire fontaine. Peut-être que demain, ça me fera à nouveau comme il y a 3 mois : l'impression d'égorger un énorme animal dans ma baignoire avec une odeur de fer si surréaliste qu'une personne carencée pourrait combler son négatif avec seulement une grande respiration.

On verra.

C'est une journée qui flotte. Je ne suis pas vraiment poussée par une émotion particulière ni un objectif précis. Une journée ensoleillée bien qu'encore un peu froide où on se laisse vivre sans trop chipoter. J'ai bien bouffé mon petit déjeuner, j'ai bien bouffé mes fruits, mon chat se tape un coma dans le canapé pendant que je regarde True Story pour la ixième fois sur Netflix. Parce que James Franco restera un putain de bon acteur même avec une carrière en miettes et que Jonah Hill a toujours été un bon acteur, quoi qu'on puisse penser de lui. Un beau mariage de talent pour un film regardé en peignoir un mercredi après-midi ensoleillé.

Je pense aller faire une sieste histoire de récupérer un peu ma petite dette de sommeil. Jusqu'ici, ma gueule voit toujours la lumière du jour et je pionce la nuit. Horaire normal. Je suis assez contente du truc.

17.3.26

Please don't confront me with my failures


On a commencé la journée par un matin chaffouin. Temps gris, fait froid, dormi 8h mais encore fatiguée. Il y a des journées qu'on trouve ne servir à rien. La peau de mon visage chauffait à mort et c'était pire que sec. Théoriquement, je devais aussi me rendre à la pharmacie mais la motivation n'était pas de mon côté. 

Finalement, me suis quand même levée à cause l'inflammation au visage pour prendre une douche. Merci mille fois à toi, La Roche Posay, pour ce baume Lipikar qui trainait chez moi. Trois putain de couches successives. TROIS. Je suis aussi censée être réglée mais euh, ces derniers mois, ça s'amenuise à fond. Plus le temps passe et plus léger ça devient. En regard de mon endométriose, je dirai que c'est plutôt une bonne chose. Cela étant dit, ça me fait quand même tout bizarre. J'ai l'impression que mon corps se dirige bien comme il faut vers la ménopause sur une autoroute bien dégagée. A peu près persuadée d'être sur le tronçon de la péri de façon royale, quoi. 

Peau secourue, j'ai quand même lancé 2 machines à lessiver puis je me suis attelée à cuisiner mon super poulet. Entre temps, bouffé une tartine toastée avec de la coppa, des copeaux de parmesan, un filet d'huile de truffe, sel poivre : putain de tuerie. J'ai bouffé un cookie chocolat avec un grand verre de lait juste après mon super poupou. 

En somme, malgré l'hostilité du matin, je dirai que j'ai quand même assuré. Demain, go à la pharmacie. 

Motivation toujours en râde tout comme mon inspiration. 

M'enfin, vous savez malgré tout que j'ai vraiment bien bouffé ; ce qui est une information capitale. 

13.3.26

Malibu

Gia Carangi & Sandy Linter <3

Quand j'étais plus jeune, je suis tombée sur l'histoire de Gia Carangi et y avait des trucs de son enfance qui cognaient bien avec la mienne. Depuis, je pense à elle une fois tous les deux ans grosso modo. Elle arrive dans ma tête totalement en random select. Cette fois, c'était ce matin, je regardais encore le plafond.

Hier, comme les autres soirs depuis quelque temps, je suis de nouveau allée me coucher tôt. Ça oscille entre 21h30 et 22h45. Autant dire que pour une meuf qui a eu l'habitude de se foutre au lit à midi ou 14h, ça tient presque du miracle. Ça m'empêche pas encore de temps en temps d'éclater une nuit ou deux par semaine mais disons que ça se régule sans que je me force trop la main.

Levée tôt ce matin, 6h. Mal dormi, vents en rafales contre les volets toute la nuit mais globalement, ça va bien. Gia Carangi, donc, coucou charmante demoiselle (oui euh, hein, la bisexuelle en moi, voilà). Je prends ma douche, je sèche mes cheveux en questionnant la pertinence de mon geste quand le gros temps de novembre s'éclate bien contre la vitre de la salle de bain. Je sais que ça sert à rien mais c'est le seul jour de la semaine où je consens à faire un effort capillaire --- sinon les boucles sauvages. Je me demande quand même si je dois pas rappeler une amie pour recouper encore plus mes cheveux. Longtemps j'ai rêvé d'une pure crinière de sirène mais avec les années, les longueurs me gavent de plus en plus.

Je chope un café et je vais faire les courses. D'abord de quoi recharger cette foutue cigarette électronique : toujours la même saveur, la même dose et au même nombre de flacons (comme quoi, y a quand même une ossature réelle dans ma vie). Je veux payer mais ça merde avec ma carte. Le gars me propose de revenir dans 20 minutes ; le temps de bidouiller le terminal.

Je rentre dans le Carrefour, réflexe archaïque, je me plante devant les magazines. Au premier moment, ça me fait un effet totalement bizarre et limite étranger alors qu'il était commun il y a 15 ans. Entre avant et maintenant : nos propres histoires qui prennent trop de place. 15 ans sans toucher un magazine, 5 ans sans lire un seul putain de livre. Les livres s'entassent, patientent, m'attendent, prennent la poussière le temps que je me décide. La collection n'est pas dégueux, loin de là, mais ça bloque, ça veut pas. Commençons petit. Bon, en clair, je suis pas à la librairie trop cool à laquelle je vouais une fidélité sans faille. Je regarde à droite à gauche ; je me sens soit bouffée par les drames qui hurlent ou presque pire les bons gros conseils hyper healthy ou ce positivisme tellement enfoncé dans la gueule que t'as l'impression que c'est Adolf bouffant un saumon vapeur qui le rédige et exige. Finalement, je prends ce que j'ai connu le plus longtemps, je feuillette et je suis presque avec les yeux humides en train de retâter ce beau papier à la fois futile mais nécessaire pour respirer un autre air que le mien. Ça ventile, j'avais oublié l'effet que ça faisait.

Je chope en même temps un Pepsi et mon masque à la camomille pour les cheveux. J'hallucine sur la présence de masques en tissu à poser sur le visage fabriqués uniquement pour les enfants (et sans doute par des enfants aussi, va savoir).

Finalement, le terminal accepte ma thune et je récupère mon bordel.

Fais les courses. Bon, trois choses vraies en ce monde (du moins me concernant) : ne pas faire ses courses le ventre vide, ne pas faire ses courses à deux minutes de remplir un tampon, ne pas compiler les 2 précédents. Résultat : un caddie mi-enfant accro au sucre mi-adulte qui a sa routine mais vend son âme en 2 minutes pour des conneries totalement dans l'air du temps (on voit bien que juste lire une couverture de magazine t'induit déjà bien comme il faut dans le "convenable". M'enfin, j'ai pas la force de lutter là tout de suite). Cela étant dit, en ayant bien fait morfler mon budget, je reste contente du résultat. On verra si je m'aperçois que c'est une idée de merde (un peu comme le litre d'Alpro à l'amande grillée. Gnerf, nope, pas mon truc.).

Nausée toutes les 20 minutes, bien rythmées, bien régulières. Le corps qui déconne parfaitement comme à son habitude depuis 3 ans.

Je rentre chez moi, je range et je trie. Je passe l'aspirateur directement parce que j'ai enfin pigé que si je me forçais pas à le faire le vendredi, je faisais ma conne en le reportant au samedi puis au dimanche alors que je cible bien le lundi sans me l'avouer. Lundi arrive et bref, t'as compris. Donc, je m'auto-gruge pour passer mon week-end à accueillir mère nature dans les meilleures conditions.

Je vire mes fringues, me demande encore une fois si vraiment je dois absolument continuer d'acheter des soutifs que je ne mets de toute façon plus depuis quelques mois tandis que mon cerveau balance avec une voix sous hélium : "nooooon". Et je pense que je vais l'écouter. La tessiture de la voix est conne mais le conseil est propre et carré.

Bon gros week-end calme en perspective. Canapé, bouffe plein le frigo, des magazines qui me remuent un peu mon coeur sensible, des bains (enfin ouais, on verra du coup), me taper la totalité de la filmographie de Cusack en pyjama en testant l'eau de coco qui coûte un rein mais j'ai pas les fonds pour migrer en Martinique comme mon frangin une fois l'an. Ça a intérêt à bien me désintoxifier le dedans du corps et nettoyer les détritus qui nagent dans mon crâne. Faisons confiance, donnons sa chance à ce produit d'influenceuse premium (mais j'ai quand même pris 2 boîtes de cassoulet, on sait jamais. J'anticipe la déception. J'ai appris à me cerner).

Voilà. Ça et aussi regarder Les Oiseaux d'Hitchcock comme quand j'étais gosse avec mes grands-parents entourée de fumée de clope.

Le film The Substance en fond sonore et l'haleine Whiskas de mon chat qui vient de se poser sur mes genoux.

On est bien.

Je suis claquée, il va bientôt être 18h. Dodo tôt en perspective all over again.

10.3.26

Cooking disaster


Je vais avoir mes règles dans cinq jours, donc je suis en pleine phase je te bute si tu respires trop fort.

En plus, vu l'heure, c'était le moment de me faire à souper. Donc j'ai sorti des steaks mais ça n'allait pas, car je les avais foutus l'un sur l'autre dans le congélo comme une grosse blonde. Les deux cons se donnaient la main, quoi. Une fois qu'ils ont fini par se dire adieu, j'ai sorti l'artillerie pour faire une sauce roquefort avec ma purée de patates douces (oui, oui, je sais). Résultat : j'ai avalé trois bouchées et roulé des yeux devant le désastre.

J'ai foutu ma bouffe à la poubelle. Ma cuisine ressemblait à Bagdad, mais tout est propre maintenant. J'ai ouvert la fenêtre, allumé une cigarette et pris Didion sous le bras. L'air piquait un peu mes joues, tandis que la brise emportait doucement avec elle mes regrets culinaires.

Dans la réalité, je suis juste en peignoir pilou, j'en ai rien à foutre de Didion, et je regarde le documentaire sur Raël.

Bref, je vais bouffer un tampon avec un Perrier menthe.

Je vais quand même guetter les elohim par la fenêtre, on sait jamais.

9.3.26

I love you so


On ne devrait jamais avoir à s'excuser, regretter ou amoindrir ce que la vie a bien pu nous offrir, que ce soit par chance ou non. Pourtant, on passe un temps con à le faire. Quand on est un peu conscient de ce qu'on a reçu, on se tend un peu autour des autres. On se fait petit, plus rond, plus doux, à voix basse. On ne vocifère pas vraiment notre bonheur, notre surprise ou notre étonnement. Ceux qui ont vécu dans des ambiances bien crasses et imprévisibles ont appris à saisir des atmosphères, le vent qui tourne, les regards avec de gros sous-textes quand le sourire, lui, te dit : “tout va bien mais je me force”. On sent ce qui grésille sur la ligne, comment un mot simple est chargé de sous-entendus. Et on comprend. On comprend toujours.

On arrondit les angles, on rapetisse ce qui emmerde, on reste convenable. En gros, on rembourre là où ça pique pour l'autre. Le comique et le tragique de l'histoire, c’est qu’ironiquement, plus on le fait, plus ça emmerde. Ça reste coincé entre soi et les autres. Même quand on ne dit rien, c’est là. Foutrement là. En ombre, en pensée, en frustration, en jalousie, en indifférence feinte. Mais ça reste là, à planer au-dessus de votre tronche comme une auréole ou un nuage menaçant pour l'autre, c'est selon.

Je n'ai jamais vraiment écrit sur elle. Ni quand j'avais 19 ans, ni après. Déjà, ça m'aurait semblé chelou. Ensuite, je pense qu'elle aurait trouvé ça un peu chelou aussi, même si -très franchement - à l'époque, elle aurait su, comme je le sais moi-même, que je l'aurais sans doute fait avec tact. J'étais une gosse. Une gosse qui n'avait ni vie sociale, ni hobbies, et qui ne rayonnait pas vraiment la joie comme beaucoup de gamins qui avaient un blog. En revanche, j'avais ma colère, ma rage, ma douleur, comme beaucoup de gamins qui avaient un blog. J'étais pas littéraire, j'écrivais pas des histoires dans des cahiers. Des histoires, j’en avais déjà trop plein le crâne, et y avait rien de glamour pour réceptionner le truc. J'avais une confiance en moi sous zéro, mais je parlais fort, je gueulais fort, je pleurais fort, et sans doute que je tapais trop fort sur mon clavier, histoire d’être raccord. Je savais pleurer des litres, mais j'avais l'énergie dangereuse des grands brûlés. J'affrontais ce qui faisait chier.

J'ai écrit dans l'océan de la blogosphère, quasi tous les jours, pour raconter mes bricoles. Je nouais plus de liens dans les commentaires avec des inconnus qu'avec des vrais gens autour de moi. Le truc a fait que Virginie a ouvert un blog pour la sortie de son livre Bye Bye Blondie. Virginie est devenue, en quelques clics, proprio d'un blog aussi beau que le nôtre et le centre de gravité pour nous.

La vie, l’alignement des planètes, la pluie à Hong Kong, écouter des groupes indie anglais, écrire sur un blog, a aidé une trajectoire. J’ai découvert Paris, le métro et le salon de Virginie pour la première fois dans la même foulée. Vingt ans après, je ne vais toujours pas m’étaler sur ce qui s’est dit, les mails envoyés, ce tout petit lien qui aura pourtant fait beaucoup. Pas par snobisme. Juste parce qu’on n’étale pas ce que l’autre n’aimerait pas voir étalé. Point. Néanmoins, ça m’aura aussi appris autre chose. Être en haut de la liste de son blogroll a fait grincer des dents, serrer des mâchoires, et ouvert des boîtes de Pandore à plein de gens. Comment le moucheron que j’étais, qui n’avait pas vraiment l’écriture du siècle, pouvait se retrouver dans le haut de la liste de liens à gauche ?! Ce petit détail a emmerdé quelques personnes. J’étais devenue - je cite - :“un des apôtres de Virginie Despentes” balancé tranquille au-dessus d’une bière tiède et d’une cigarette qui meurt dans le cendrier. La sérénité des gens cons est fascinante. Parce que j’étais l’apôtre de rien du tout. J’avais 19 ans, je n’avais absolument aucune ambition, je n’avais strictement rien à vendre ou à refourguer à la dame. Que dalle. Pas même d’aller tâter du journalisme griffonné comme une ado pour le Rock ’n Folk façon Almost Famous. Je n’avais même pas lu tous ses livres quand je l’ai rencontrée. J’avais rien dans mes petites mains à lui tendre, ni rien à quémander. En somme, bah, j’étais parfaitement inoffensive pour les ambitieux, les travailleurs, les rêveurs, les meilleurs que moi. Et en gros, peut-être que tout a toujours tenu là-dedans, le bon comme le mauvais. Je lui parlais comme si c’était un être normal… pas une meuf qui devait me catapulter plus loin que je n’aurais pu ou voulu aller, ni le génie qui exauce des souhaits, ni même un répertoire de gens à connaître. J’étais timide, sans doute un peu funny, et avec une candeur assez proche de celle de Mowgli. Un bol d’air presque frais pour elle. Un petit coup de Febreze dans l’abondance de ce que les jeunes appellent maintenant des “pick me”.

La vie est une tartine de merde et on en mange un peu tous les jours. Bien. Bah écoute sur ma tartine de merde, un jour, j’ai eu une foutue cerise, la chantilly et des vermicelles de toutes les couleurs. Et crois-moi que ça m’a bien enchantée. Elle a été avec moi quelqu’un de super gentil, drôle, surtout pas “tiens, prends mon ego dans ta tronche, enflure”. Et si j’ai su m’articuler assez aisément avec elle, je pense qu’elle avait aussi très bien pigé comment s’articuler avec ce que j’étais. Ce que je trimballais et que je taisais ou n'arrivait pas à dire, et sans doute qu’elle avait reniflé le bordel en moi bien plus précisément que moi et de façon hyper évidente pour elle.

Ça a été une rencontre humaine, en fait. Pas une rencontre d’opportunité. J’étais la fille qui n’en faisait rien, qui n’en disait rien, qui n’a jamais capitalisé dessus. Au mieux, ça me rendait idiote ; au pire, ça me rendait ultra hautaine. J’ai eu, en somme, une place dont je n'ai rien fait. Et probable que je n’en ferai d’ailleurs jamais rien.

Après, la vie a été la vie. On a fermé des blogs, il y a eu du soleil à Hong Kong, on a écouté d’autres groupes de rock, et la promo Bye Bye Blondie était finie. Sans parler de la plateforme 20six qui est partie tellement en couille que ça ressemblait juste à des parents qui auraient gueulé depuis le salon : “Dans votre chambre et fermez-la, bordel.” Il y a eu une fin. Sniff.

Ça a été une très, très, très belle rencontre et ça a beaucoup compté dans mon contexte privé. Dans ce que je vivais. En revanche, j’ai détesté avec passion ce que ce monde entraîne et qui schlingue à mort. Je hais de façon épidermique ce que ça change dans le rapport à autrui, ce que ça demande toujours de clarifier ou non, de remettre en perspective ou pas. Le regard qui ne vous regarde plus du tout pour ce que vous étiez ni pour ce que vous êtes réellement : juste une gosse paumée qui a eu de la chance et qui, ironiquement, a fait avec la principale intéressée ce qu’elle faisait traditionnellement dans sa vie : ni pire, ni mieux. Ce qui pourrait ressembler à une forme d’intégrité inconsciente.

Et non, toujours non, carrément non, je n’ai toujours rien à vendre. Est-ce que je torche du papier chez moi ? Oui. Est-ce que je veux le vendre ? Fuck no. Cette petite incartade dans le monde artistique et ce que j’en ai vu n’est tout simplement pas fait pour moi. Parce que j’ai pas la patience. Et je suis toujours trop paresseuse et impulsive à souhait. J’ai pas les nerfs pour me farcir le côté laid du truc sans vouloir tailler des costumes 3 pièces sur mesure avec les épingles bien enfoncées dans le tissu et la chair. Ou alors faudrait prendre des drogues, devenir alcoolique pour supporter le bazar et euh… comment te dire ? À 39 ans, je bois du lait sans lactose. J’ai fait un choix. 

Pas de livre à publier, pas de lactose non plus.

Mais j’espère être restée à l'intérieur ce qu'elle appellait une "petite orange mécanique". 

C’est écrit à la va-vite, de traviole avec un talent littéraire en liquidation totale. Mais c’est aussi exactement ce qu’elle a rencontré à l’époque.

Ni mieux.

Ni pire.

Ni plus.

Ni moins.

J’ai défoncé une porte de salon vieille de vingt ans où il n’y avait rien à voir sauf pour les 2 protagonistes de l'histoire. 

C’est fait, je referme.

Vi, des bisous en WiFi jusqu'à toi <3

7.3.26

Oh it's healing bang, bang, bang


Se pourrait-il ?! Depuis ma note du poulet, comme je l’ai dit, j’ai dormi comme un bébé. Je ne sais pas… j’ai l’impression d’avoir lâché un truc qui, en un sens, regroupait encore bien plus de choses que celles dites explicitement. Je n’ai pas juste été simplement soulagée. C’était plus ouf que ça… j’ai juste eu l’impression d’avoir lâché 15 tonnes qui me faisaient chier depuis des années. Ça m’a assommée comme quand on a exagéré en faisant son footing ou quand on s’est vu inviter par un pote pour faire une putain de rando de 40 km quand, toi, concrètement, ton trail se limite entre le canapé et le frigo, quoi. Tu reviens de la rando totalement en vrac mais content dans ta douleur. Ça a fait circuler l’air dans ton crâne de merde, ça a refoutu de l’ordre dans ton organisme rouillé, t’as tâté de la fougère plutôt que des mouchoirs pleins de larmes. Bah voilà, mon poulet bouffé et mon poulet écrit, ça m’a fait pareil.

Depuis, sans effort, mon petit être se réaligne tout seul sur un rythme de vie légèrement plus viable pour l’organisme. Je ne suis pas carré, mais disons que mes yeux se sont remis à apercevoir la lumière du jour et mon corps à dormir un peu la nuit ; ce truc normal pas arrivé depuis 10 mois.

Du coup, pour un samedi, je me suis réveillée à 10h. Pas dégueux quand, théoriquement, à cette heure-là, je ne suis pas loin d’aller faire ma nuit. Un truc bien entraînant un autre truc bien, ça a été le ballet de l’aspirateur, des tables de chevet nettoyées et rangées (au revoir les emballages de bonbons, gros bisous bouteilles de soda vides — ouais euh décharge mentale, décor de poubelle, esprit teenage dirtbag, hein, t'as vu.). Ouverture de tous ces putain de volets, je vais pouvoir faire mentir mes voisins qui me croyaient sans doute comme étant la Laurie Strode du quartier (note bien que mon Michael Myers intérieur est aussi un putain de connard quasi increvable). Ouverture des fenêtres pour respirer de l’oxygène sponsorisé par la nature près de chez moi, couette à la fenêtre qui prend un bain de soleil fébrile de mars.

Ma cuisine reprend un esprit cocon et non plus celui d'un QG en plein Vietnam avec la caméra de Francis Ford Coppola dans la gueule.

Mon lave-vaisselle vient de finir son cycle, mon chat traîne dehors. Dans ma chambre, ça sent presque le printemps. L’arbre fruitier de mon voisin est totalement in bloom et ses deux moutons noirs se dandinent dans leur prairie.

Orange Is the New Black tourne en fond sonore dans mon salon qui sent bon pendant que les oiseaux chantent.

Je pense me faire à bouffer, jouer aux Sims 4 comme une gosse. Ce soir, je vais prendre un bain victorieux qui embaumera ma salle de bain over vintage de Felce Azzurra Muschio Bianco avec son demi-kilo de sels de bain, puis aller dormir presque tranquille dans un lit de draps frais.

Lit de roses, enfin, je reviens.

4.3.26

Serving cunt

Je me suis dit que j’allais torcher une note à la gloire de mon poulet bien assaisonné et de la purée de patate douce que je me suis préparée afin de sauver mon âme et mon moral. Ça m’arrive quand je me sens comme une gosse balancée dans une machine à laver et quand je sens trop qu’on m’emmerde, qu’on essaye de me la faire à l’envers comme un branleur ou, pire, qu’on me vampirise comme un fucké en se pensant subtil. Ce qui, évidemment, est rarement le cas.

J’ai jamais compris pourquoi les gens se sentaient à ce point à l’aise pour me faire des coups de pute. Cela dit, je subodore que c’est lié à une sorte de gentillesse qu’on sent en moi ou à mon côté enfantin funny (ou je leur rappelle trop Zézette dans Le Père Noël est une ordure, j’en sais rien) et, dès lors, ils s’imaginent qu’ils peuvent se comporter comme si j’étais un établissement en open bar. Alors qu’en fait, j’ai grandi dans un truc qui ressemble plus à un resto clandestin tenu par des ex-taulards en liberté conditionnelle avec un sérieux problème de sécurité.

Ça me rappelle mon ex-voisin qui se prenait pour le roi de la street en écoutant PNL à fond (un bon indicateur de lose, ce qui aurait été nettement moins probable et m’aurait induite en erreur si ça avait été un bon son du Wu-Tang). Alors que le gaillard, bah, il me faisait juste penser à Pinkman dans Breaking Bad, avec une grosse toux de tox, des poumons en PLS et une mauvaise stratégie de marché, pendant que je sentais grandir la Walter White en moi, voulant juste lui laisser de l’Actifed avec une sucette sur son palier et revoir avec lui son mode de livraisons, car il n’avait manifestement aucun skill en logistique, ce pignouf ! Je me suis consolée quand sa BMW flambant neuve a eu la même allure qu’une Twingo à la casse depuis 2002 en l’espace de six mois sous ma fenêtre. Grandiose ! 

Pareil pour ce mec qui me bouffait des pans entiers de paragraphes tranquillou pilou, ou qui se sentait assez en veine pour s’approprier des morceaux de ma vie dans ses livres alors que ce n’était qu’un gros incel de mes deux, drapé dans son costume d’écrivain maudit incompris raté, à qui j’avais eu le malheur de partager mes écrits (il m’avait dit aimer les Smiths, je me suis faite avoir comme une bleue). Il me disait que c’était de l’art, quand c’était juste du lard rance qu’il tentait de faire passer pour du crispy bacon en émulant à la grosse louche ce que j’aurais pu écrire, sauf que ça avait juste la gueule de ce que j’aurais écrit mais avec ma main gauche. Donc à rien.

En gros, fake Michel Houellebecq n’avait toujours pas capté que bouffer des dictionnaires et des bibliothèques ne lui offrirait jamais la lumière tant espérée s’il ne plongeait jamais dans son propre univers, sa propre chair, son propre style, sa propre histoire et sa propre crasse pour donner du corps. Le sien, pardi ! Marcher obstinément à côté de soi-même n’aide pas vraiment l’écrivain en devenir, selon moi. Mais vu que j’ai aucune vocation en ce sens, peut-être que je me trompe, mais je crois pas.

Bref, le mec tentait trop de se la jouer Seth Brundle avec ses télépodes à la con sans coder le goût de la chair dans sa bécane. Il a lu tout Céline, mais il n’a jamais regardé le film La Mouche, et ça se voit. (Grave erreur, bonhomme !)

Parfois, j’ai des réactions en adéquation avec le nul de la vie, et je pleure mes yeux à la manière des fontaines du Bellagio. Cela étant dit, toutes ces crevures m’ayant trop poussée dans les orties se sont heurtées à un easter egg chez moi : ce moment où je ferme ma gueule, que je continue d’avoir l’air con-niaise-Sailor Moon sous exta, mais que je compile religieusement tout le merdier comme un agent de la DEA traquant sans relâche Pablo Escobar, avec une patience angélique, jusqu’au moment opportun de leur servir leur propre merde dans une assiette bien froide. (Vengeance sauce Adele et son Rolling in the Deep. SPOILER : ça a marché !)

Qu’en fait, outre ma gentillesse, ma naïveté relative et ma facette rigolote, c’est surtout les gens qui ont une âme qui pue et qui pensent que je sens rien comme si j’avais le covid.

You got it all wrong, big boy !

Bon, tout ça pour dire que je voulais torcher une note sur mon poulet et ma purée de patate douce. C’était vachement bon !

Gordon Ramsay serait fier de moi, de cette note, de ce poulet, de cet esprit anti-connerie et du chapelet d’insultes psalmodié tout le long de cette note.

1.3.26

Pro-tip



En carton.

Mais pro tip quand même.

Si, comme moi, t’as foutu ton quotidien en vrac pour contempler ton plafond, ta vie, tes erreurs, tes merdes, il y a fort à parier que tu vas être en retard dans les choses quotidiennes que les bons apôtres de cette planète savent gérer comme des dieux tandis que tu te noies dans la vase de l’existence.

Mais, afin de t’éviter la même erreur que moi ou de crever les yeux de ton psy, je t’offre l’alternative en mousse mais qui peut marcher si tu restes éveillé la nuit et que tu dors le jour tel Edward Cullen (ouais enfin, c’est vrai que lui ne dormait pas tout court, taré) (ou comme Lestat et Louis, cette référence pour ceux qui commencent à faner comme moi) :

Fais tes lessives la nuit, règle tes factures la nuit, range et nettoie ta maison ou ton appartement la nuit.

Car si tu es à fond dans ton merdier depuis des mois, il se pourrait aussi que tu te flagelles tous les jours en mode “pourquoiiiii je sais pas faire comme tous ces couillons et arranger mon merdier en journée ?! J’ai encore raté, je ferai ça demain.” Diantre, grave erreur. Parce que toi et moi, nous savons que tu foutras rien demain. Peut-être même que la solution tendue de te bouger le cul et de le faire comme tout le monde directement, comme un brave soldat, te fait faire de la tachycardie alors qu’il te faut un intermédiaire pour renouer avec un truc chiant comme la mort mais qu’il serait bon pour toi de faire.

Alors, réapproprie-toi ces tâches over relous sur ton fuseau horaire tout pété et, quand tu te sentiras enfin prête à retourner dans ce monde où rien ne doit dépasser mais où tout est quand même fucked up sauf pour eux (delulu all over the place), tu n’auras pas 150 lessives en retard ni les huissiers à ta porte. Il te suffira juste de régler cette histoire de jetlag que tu te colles au train telle une rock star sortant de sa tournée stratosphérique.

Si tu compiles avec un travail en journée : technique hardcore par le vide de mon père (ou pense à Betty dans 37,2° le matin) -> les sacs poubelles pour faire une ambiance zen chez toi et une garde-robe minimaliste. C’est le moment de dire adieu à ton petit haut de 1998 que tu ne sais plus mettre et ce plateau rempli de conneries “on ne sait jamais” qui est surtout un pot-pourri “je m’en sers jamais”. Et surtout, ne réfléchis pas trop. Pas genre "j'ai le temps" de Marie Kondo. Imagine plutôt que l'ouragan Katrina, c’est pour ta gueule dans une heure. Y aura peut-être des regrets mais on a toujours des regrets.

Dans le même ordre d'idée.... si tu as une mycose sous les aisselles parce que t'étais trop en confiance avec ton rasoir rose qui a trop zoné sur le bord de ta douche ou ta baignoire, tu peux appliquer ta crème contre les mycoses vaginales dessus. IT WORKS !!! (Si t'es repartie avec un mec beau mais pas frais, qui se lave ni au Dove ni même au Dreft et que tu t'es faite avoir par l'Eau Sauvage de Dior dont il s'est arrosé comme un bourrin, par exemple. ça nous arrive à toutes -- du moins, nous sommes nombreuses). 

Fasten than a cannonball


Je me suis réveillée avec 3 pets de rayon de soleil dans la gueule et Oasis dans la tête. Pourquoi ? Sais pas. À mon avis une corrélation entre soleil -> sunshine – > et la version phonétique mancunienne “SONSHEEIIIIIIIINE” de Liam. Ce qui m’a foutue en joie, tu penses bien.

Ne me lancez pas sur leur tournée à la con. Et surtout, ne venez pas me vomir votre joie de les avoir vus en live dans les commentaires -- ce sera la seule et unique occasion où je les fermerai. Je me souviens, en août, quand je venais à peine d’emménager dans ma maison avec cette tournée surprise qui tombait tout droit sur le coin de la gueule (WTF?!). Et je te prie de croire que ça a été une très très très TRÈS longue négociation entre mon moi actuel et mon moi des 90’s. Parce que cette petite enfoirée des 90’s avait des putain de bons arguments que je ne pouvais pas ignorer et que mon moi actuel avait assez taffé pour avoir un chiffre pas dégueulasse et quelques zéros en plus sur mon compte épargne.

Que mon seul et unique fantasme non assouvi à ce jour (et qui reste encore un éternel regret) : voir Oasis en live, en Angleterre (désolée pour le reste de la planète mais j’ai aucune envie de voir ce groupe avec une foule de gros molassons ultra relous... exception faite pour l’Argentine), en k-way, en train de me prendre des pintes entières de bières tièdes et de pisse à la gueule, le sourire béat, dans une totale harmonie terrestre.

Donc après avoir sorti ma calculette, les réservations d’avion-hôtel-ET CETTE PUTAIN DE PLACE QUI COÛTAIT LA PEAU DU CUL PARCE QUE JE VOULAIS PAS ÊTRE DANS CES GRADINS POUR RETRAITÉS MAIS DEVANT LIAM QUI DÉGOULINE SA SUEUR JUSQU’À MOI, j’ai réalisé que ça faisait une somme considérable (quasi totalité de mon compte épargne). (Je me suis inquiétée de la fortune perso des frangins, étaient-ils en situation de faillite à deux doigts de se faire expulser de leur maison respective faute de loyers impayés ?!)

Cependant, l’enfant et l’ado en moi sont des putains de petits chiards convaincants à mort. En même temps, je regardais mon salon vide et ma chambre vide et ma cuisine vide de meubles aussi et euh... je réalisais aussi que je ne vivais plus chez mes parents, qu’on n’était plus dans les années 90 ni début 2000 et qu’il allait falloir saigner les économies pour pouvoir se permettre cette folie en tant qu’adulte presque responsable.

Du coup, la veille, je me suis sagement rappelée que “we’re all part of a master plan”. Ce à quoi je me suis dit que j’allais faire l’alliance de la gamine de merde en moi, la pseudo adulte et le destin en un seul coup et que je verrais bien le lendemain, à la réservation, si ça allait le faire ou pas. Je suis allée me coucher, j’ai pas mis le réveil, et je me suis ramenée glorieusement en peignoir, cigarette et café à la main à 10h30 devant mon PC pour faire la file avec mon paquet de fric et mon putain de rêve, laissant l’univers choisir pour moi.

J’ai compris que la multitude ainsi que les tarifs dynamiques de connard allaient bien me niquer la gueule au bout de 2h30 (et j’étais pas la plus à plaindre). En même temps, je me disais que je romantisais toute une époque à moitié révolue. Peut-être que j’allais devoir aussi faire des bracelets de l’amitié, boire de l’eau et apparaître en losedé dans les TikTok et Insta de tas d’inconnus sur les réseaux sociaux grâce à mon voisin de gauche ou de droite au premier rang, dans une ambiance plus semblable à Roland-Garros que la sortie d’ultras d’un match de foot. (T’inquiète, je sais très bien que je me raconte un tas de conneries pour pas chialer, ce sont mes mouchoirs artificiels.)

Suite à quoi, j’ai fermé mon ordi et je me suis dit que faire une razzia chez IKEA pour écouter Oasis dans le confort et le fantasme absolu n’était pas si dégueulasse non plus (chose faite). J’ai fini mon café-clope et je suis retournée pioncer.

Rétrospectivement, s’il y avait eu moins de gens, j’aurais moi-même sacrément bien renfloué les caisses des deux frangins et le reste du groupe. Parce que, putain, j’étais prête. Rétrospectivement, je ne jalouse que les gens de mon âge et plus qui auront assouvi ce rêve commun et certainement pas la chiée de gamins qui sont déjà passés à autre chose (ouais gamin, c’est la différence générationnelle. T’as pu fanfaronner 3 mois mais t’as pas grandi avec l’effervescence UK ni ce combat Blur vs Oasis.).

Parallèlement, je me suis dit que j’abordais mon blog avec une dégaine plus proche de celle de Liam sur Twitter que de Noel. Moins bien écrit, moins recherché, pas de guitare. Juste une main sur le clavier, un tambourin fictif dans l’autre tout en balançant des écrits torchés et envoyés en express avec un trop-plein de confiance. Ma force, mon oeuvre.

Tout ça pour dire que 3 rayons de soleil m’ont claqué à la gueule avec Oasis en Dolby Atmos instantanément au milieu de mes deux oreilles.

Incroyable ce qu’une météo, une literie douillette et des références culturelles peuvent faire.

Faut savoir choisir ses héros, ils savent vous garder en orbite au premier rang de votre vie parfois un peu tiédasse, et vous rappeler qui vous êtes. Au pire si vous ne savez pas ce que vous foutez, faites comme moi, vous pouvez toujours déambuler à travers la vie et votre baraque avec la même assurance biblique que Liam à Knebworth en 96.

Your favorite brat. 

(viens pas niquer ma belle journée dans les commentaires, trou du cul).