Depuis, sans effort, mon petit être se réaligne tout seul sur un rythme de vie légèrement plus viable pour l’organisme. Je ne suis pas carré, mais disons que mes yeux se sont remis à apercevoir la lumière du jour et mon corps à dormir un peu la nuit ; ce truc normal pas arrivé depuis 10 mois.
Du coup, pour un samedi, je me suis réveillée à 10h. Pas dégueux quand, théoriquement, à cette heure-là, je ne suis pas loin d’aller faire ma nuit. Un truc bien entraînant un autre truc bien, ça a été le ballet de l’aspirateur, des tables de chevet nettoyées et rangées (au revoir les emballages de bonbons, gros bisous bouteilles de soda vides — ouais euh décharge mentale, décor de poubelle, esprit teenage dirtbag, hein, t'as vu.). Ouverture de tous ces putain de volets, je vais pouvoir faire mentir mes voisins qui me croyaient sans doute comme étant la Laurie Strode du quartier (note bien que mon Michael Myers intérieur est aussi un putain de connard quasi increvable). Ouverture des fenêtres pour respirer de l’oxygène sponsorisé par la nature près de chez moi, couette à la fenêtre qui prend un bain de soleil fébrile de mars.
Ma cuisine reprend un esprit cocon et non plus celui d'un QG en plein Vietnam avec la caméra de Francis Ford Coppola dans la gueule.
Mon lave-vaisselle vient de finir son cycle, mon chat traîne dehors. Dans ma chambre, ça sent presque le printemps. L’arbre fruitier de mon voisin est totalement in bloom et ses deux moutons noirs se dandinent dans leur prairie.
Orange Is the New Black tourne en fond sonore dans mon salon qui sent bon pendant que les oiseaux chantent.
Je pense me faire à bouffer, jouer aux Sims 4 comme une gosse. Ce soir, je vais prendre un bain victorieux qui embaumera ma salle de bain over vintage de Felce Azzurra Muschio Bianco avec son demi-kilo de sels de bain, puis aller dormir presque tranquille dans un lit de draps frais.
Lit de roses, enfin, je reviens.
